Cette foire aux questions rassemble les cas pratiques les plus courants. Elle complète le texte et le simulateur, sans se substituer à l’avis d’un Rav pour une situation personnelle.
Le commandement du Maasser consiste à prélever 10% de ses gains afin de les verser à des personnes nécessiteuses ou à une association diffusant les enseignements de la Torah.
Selon la plupart des décisionnaires, le prélèvement du Maasser sur les gains n'est pas une obligation ; ce prélèvement n'est exigé que pour la récolte et le bétail. C'est un usage et une habitude que nos ancêtres ont adoptés de leur propre chef.
Rabbi Moché Feinstein souligne qu'il est bien de prélever le Maasser non seulement sur ses gains, mais également sur le temps dont on dispose afin de le consacrer à de nobles causes.
Le Maasser est rapporté par Tossefot (traité Taanit page 9a) sur le verset « Asser Taasser » (Dévarim 14,22), citant des sources dans le Midrach. D’autre part, Yaacov Avinou, déjà, avait l'habitude et ressentait un besoin de prélever le Maasser non seulement sur ses différents bénéfices, mais également sur sa descendance. Voir Béréchit, chapitre 28, verset 22.
Nos Sages disent dans le Midrach qu'il décida de vouer au service d’Hachem « un dixième de ses enfants » — la tribu de Lévi — qui se consacrera au service du Beth Hamikdach et à l'enseignement des préceptes de la Torah.
Yaacov Avinou a eu 12 enfants mais il avait en réalité 14 tribus, car les fils de Yossef, Ménaché et Ephraïm, avaient le même statut que le reste des tribus. Ils étaient nés de 4 mères différentes. Chaque mère avait donc un fils premier-né, consacré, de toute façon, au service d'Hachem. Sur les 10 qui restaient, Yaacov a donc mis Lévi à part.
Le Maasser est destiné aux personnes nécessiteuses. S'il est possible de le donner à des personnes dans le besoin qui étudient la Torah, cela est préférable.
Le Maasser doit être prélevé sur le salaire net et sur certaines des sommes figurant sur la fiche de paie. Pour des renseignements supplémentaires, il faut contacter un Rav.
Si votre situation financière ne vous permet pas de donner 10% de vos revenus, faites la somme de toutes les dépenses (loyer, factures : gaz, électricité, téléphone, assurance maison, titre de transport pour vous rendre au travail, nourriture, habillement) et déduisez-la de vos revenus. Le Maasser sera calculé sur la différence.
Non (Michné Halakhot [Tinyana] 2-245).
Oui, si on respecte ces 3 conditions :
Non, le fait de devoir rembourser des dettes ne peut pas acquitter de l'obligation de prélever le Maasser sur les sommes gagnées (Béora'h Tsédaka 9-21).
Cependant, si la somme que vous devez est assez importante, vous n'avez pas l'obligation de prélever le Maasser puisque vous êtes vous-même dans le besoin. Voir réponse suivante et Béora'h Tsédaka, chapitre 9, note 27.
L'obligation de prélever le Maasser est en vigueur uniquement pour une personne ayant des revenus suffisants pour subvenir aux besoins de sa famille : habillement, frais de téléphone, électricité, loyers, remboursement de dettes, vacances, frais alimentaires, frais de scolarité, voiture, assurances, etc.
Si votre sœur ou vos parents sont dans le besoin, cela est tout à fait possible et même souhaitable. S'ils ne sont pas dans le besoin, il est préférable de donner les sommes d'argent que vous possédez à des personnes vraiment nécessiteuses ou pour la diffusion de la Torah.
Si vos parents vous donnent cet argent afin d’acheter un objet spécifique ou dans un but bien précis, il est interdit d’en donner le Maasser (Chout Téchouvot Véhanhagot tome 3, resp. 282 ; Chout Péat Sadékha tome 1, Yoré Déa 49 ; Iguérot Moché, Yoré Déa tome 2, chapitre 112).
Si l'argent peut être utilisé comme bon vous semble, il faut en prélever le Maasser (Rabbénou Yona, Séfer Ayra 213).
Il va sans dire que c'est une Mitsva très importante. Quiconque l'accomplit méritera d'être largement béni.
Si vous avez l'habitude de prélever le Maasser de toutes les sommes d'argent que vous gagnez, vous êtes dans l'obligation d'agir ainsi lorsqu'il s'agit de pourboires.
Étant donné que la plupart des salaires sont versés mensuellement, la coutume est de prélever son Maasser tous les mois, mais ce n'est pas une obligation. Il est possible de fixer 3 ou 4 périodes durant l'année, l'essentiel étant de fixer un temps afin de ne pas manquer l'accomplissement de cette Mitsva.
Oui. Voir Talmud (Taanit 9a). Il faut veiller à faire un calcul précis (Min’hat Tsvi 3-1).
Selon le Gaon de Vilna, cela est valable uniquement si on prélève 20%. Mais cette opinion est assez étonnante étant donné que dans le Talmud, la richesse est promise pour celui qui donne 10%. Voir Béora'h Tsédaka, chapitre 1, note 25.
Oui, parfaitement.
Si le Maasser lui permettra de vivre avec plus d'aisance, c'est à lui qu'il faut le donner. Voir Choul'han Aroukh - Yoré Déa, chapitre 251, Halakha 3.
Il est permis de faire un don à la synagogue avec l'argent du Maasser. Il est aussi permis de s’en servir pour payer l'achat d'une Mitsva à la synagogue si on y a pensé au moment de la vente (ex. : ouverture du Hékhal, port du Séfer Torah, Holakha, Hagbaha, Rimonim, montée à la Torah, etc. Voir Halikhot Chlomo, Téfila, chapitre 12, passage 19).
Mais pour cela, il faut penser, au moment du prélèvement du Maasser (ou au moins une fois par an), que l'argent sera utilisé pour l'achat des Mitsvot en question.
Oui, cela est permis. Il va sans dire qu'il s'agit d'un objet qui sera utilisé dans le cadre des activités de la synagogue ou du Mikvé.
Si vous pensiez que le prélèvement de 20% était une obligation, vous pouvez réduire le taux sans faire de Hatarat Nédarim (annulation des vœux) si vous n'êtes plus en mesure de poursuivre sur cette lancée.
Par contre, si vous saviez que c'était une 'Houmra (mesure de piété) ou une Mitsva facultative (ce qui est le cas), vous êtes dans l'obligation de faire Hatarat Nédarim pour réduire le taux de votre Maasser.
Si vos parents sont dans le besoin, c'est à eux qu'il faut donner le Maasser. Voir Choul'han Aroukh - Yoré Déa, chapitre 251, Halakha 3.
Oui. Ce sont des gains à part entière.
Oui.
Les revenus immobiliers sont des gains à part entière, il faut donc en prélever le Maasser. Mais il est possible de déduire les frais occasionnés (gestion, réparations, impôts, etc.) avant de calculer le Maasser.
Cependant, si la somme du loyer perçue (A) est utilisée pour payer le loyer d'une autre maison (B) :
D'après le Choul'han Aroukh (chap. 251 alinéa 3), on a le droit d'utiliser l'argent du Maasser pour payer la scolarité de ses enfants à condition qu’ils aient au moins 6 ans, ce qui est considéré comme de la Tsédaka (Yabia Omer, Yoré Déa 58, 45). Cela dit, il est préférable d'utiliser cet argent afin d'aider des nécessiteux si l'on est dans une situation financière confortable.
Le Maasser est réservé aux personnes nécessiteuses ayant le besoin constant de faire appel à des aides. Si votre sœur répond plus ou moins aux critères précités, il vous est possible d'utiliser votre Maasser pour lui permettre de faire le voyage en question.
Il est préférable d'éviter d’utiliser de l'argent du Maasser dans ce but. Cependant, si le repas ou la collation doit s'annuler à cause de cette décision (ce qui serait étonnant), il est permis d'utiliser l'argent du Maasser à cet effet.
Dans cette éventualité, il est bien d'inviter une ou deux personnes nécessiteuses au repas (mais ce n’est pas obligatoire) ou d'organiser le Siyoum dans un endroit où se trouvent des gens qui étudient (un Collel par exemple).
Si le soldat est dans le besoin, cela est permis.
Il est impossible de s’acquitter d'une quelconque obligation avec l’argent du Maasser. Il est donc interdit de s’en servir pour le premier Michloa'h Manot et les deux premiers Matanot Laévyonim (Maguen Avraham 694, 1, au nom du Chla Hakadoch).
Par contre, on pourra utiliser l’argent du Maasser pour offrir les Michloa'h Manot et Matanot Laéviyonim supplémentaires. Voir Michna Broura, chapitre 694, passage 3.
Si vous avez besoin de mettre de l'argent de côté pour votre mariage, vous pouvez réduire (voire suspendre provisoirement) votre Maasser. Il est même permis de vendre un Séfer Torah pour se marier (Even Haézer 1,2).
De plus, une personne en difficulté n'a pas l'obligation de donner le Maasser. Bien entendu, c’est le cas pour une personne qui doit payer son mariage ou son installation sans en avoir forcément les moyens.